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Techniques du rêve éveillé : un escalier vers le ciel
Écrit par Administrator   
Jeudi, 30 Juillet 2009 14:53

reve_eveilleUn escalier vers le ciel : la dynamique de l'imaginaire, voie d'éveil de la conscience par Georges Romey.

Rêver pour renaitre !

Itinéraire d'un traqueur de rêve : "J'avais ving-deux ans, un désir naturel mais vague de conquérir une place dans le monde, des potentialités peut-étre mois un bagage scolaire mal adopté à de grandes ambitions! Cependant, avoir vingt-deux ans en 1951 dans un après-guerre où tout était à reconstruire et à ima­giner, autorisait bien des espéran­ces. Époque heureuse où la réus­site dépendait des aptitudes et de la volonté d'engagement de chaque personne. Recruté dans l'un des plus puissants groupes industriels mondiaux mais ou plus petit niveau de fonction possible, déjà en charge de famille, en proie à des accès d'angoisse dont je ne soupçonnais pas l'ori­gine, je glissais inexorablement vers un enfer dont les flammes se nourrissent de cet inépuisable carburant qu'est " le regard des autres" ! J'ai écrit de celui-là qu'il est le plus cruel des tyrans. Il faut avoir souffert sous sa contrainte pour connaître à quel degré de désespérance peut conduire le malaise psychologique.

 

bachelardGaston Bachelard : "je rêve donc je suis ! " « Dans les quarante ans de ma vie de philosophe, j'ai entendu dire que la philosophie reprenait un nouveau départ avec le Cogito ergo sum  de Descartes. J'ai dû aussi énoncer moi-même cette leçon initiale. Dans l'ordre des pensées, c'est une devise si claire! Mais n'en dérangerait-on pas le dogmatisme si l'on demandait au rêveur s'il est bien sûr d'être l'être qui rêve son rêve ? Une telle question ne troublait guère un Descartes. Pour lui penser, vouloir, aimer, rêver, c'est toujours une activité de son esprit. Il était sûr, l'heureux homme, que c'était lui, bien lui, lui seul qui avait passions et sagesse. Mais un rêveur, un vrai rêveur qui traverse les folies de la nuit, est-il si sûr d'être lui-même? Quant à nous, nous en doutons. Nous avons toujours reculé devant l'analyse des rêves de la nuit. Et c'est ainsi que nous sommes arrivé à cette distinction un peu sommaire qui cependant devait éclairer nos enquêtes. Le rêveur de la nuit ne peut énoncer un cogito. Le rêve de la nuit est un rêve sans rêveur. Au contraire, le rêveur de rêverie garde assez de conscience pour dire : c'est moi qui rêve la rêverie, c'est moi qui suis heureux de rêver ma rêverie, c'est moi qui suis heureux du loisir où je n'ai plus la tâche de penser. » G. BACHELARD.


Je pense donc je suis.g_romey En fait j'étais aussi mal dans ma peau que le sont beaucoup des patients qui se présentent aujour­d'hui à ma consultation! Jusqu'à quels abîmes de souffrance serais­ je descendu, livré à mes seules ressources ? Impossible de le sa­voir. Mais le ciel veillait. J'étais mal, je cherchais une voie salvatrice, une main se tendit. Je la saisis avec l'énergie farouche de la personne sur le point de se no­yer et à laquelle on lance une bouée. L'envoyé du destin s'ap­pelait Roger Lenoble. Consultant en recrutement graphologue, il était aussi l'un des rares praticiens utilisant la méthode du Réve Eveillé Dirigé telle que Robert Desoille l'avait élaborée.

J'ignorais tout de cette démar­che mais, du fond de mon malaise, j'eus l'intuition que je devais accorder ma confiance à celui qui me proposait de faire quel­ques séances sous sa conduite. J'ignorais alors qu'à travers elles, au-delà de la renaissance psychique que j'allais connaître, une voie s'ouvrirait dont ma vie entiè­re ne suffirait pas à cueillir toutes les richesses ! D'une dizaine de séances sortit un  être neuf, libéré des angoisses auxquelles l'avait soumis le piège œdipien.

Enthousiasmé par la puissance réparatrice des images, je sentis aussitôt naître une double voca­tion : celle de me placer aussi, le temps venu, dons la relation d'ai­de et celle de mener à bien une recherche systématique sur la valeur des symboles.

S.Freud, C.G.Jung et quelques autres avaient apporté le résultat de leurs investigations dons J'uni­vers des symboles. Cette moisson était si prodigieuse qu'il paraissait impossible de la dépasser. Ce­pendant les interprétations sym­boliques étaient dispersées dons de nombreux ouvrages et aucune œuvre de synthèse ne se pro­posait alors de faciliter l'initiation du néophyte. Je ressentis si fortement ce manque qu'il me parut évident d'inscrire cette tâche parmi mes projets de vie !

Avant qu'il me soit donné de la réaliser beaucoup plus tard, sous la forme du "Dictionnaire ­ de la symbolique", d'autres auraient répondu â leur manière, excellente, à cette mè­me intention.

R. Desoille n'était ni médecin ni psychologue au sens universitaire du terme. Ingénieur, il s'intéres­sait à des recherches auxquelles un militaire, le lieutenant-colonel Castlan, se livrait sur le fonctionne­ment de l'imaginaire. Ce dernier demandait â des personnes ayant absorbé des substances hallucinogènes de s'allonger et d'exprimer toutes les images qui leur apparaissaient et les sensa­tions qui les accompagnaient. C'était en 1923. Robert Desoille, intriguè par la richesse des scèna­rios qui se manifestaient dans ces conditions, se posa la question de savoir si des résultats équivalents pourraient ètre obtenus en l'ab­sence de psychotropes les ex­périences auxquelles il se livra, lui apportèrent une réponse affirma­tive. Très rapidement, le chercheur s'aperçut que toutes les person­nes placées dans la situation de relaxation allongée semblaient destinées à rencontrer tôt ou tard des images similaires, notamment les grands archétypes décrits par Carl Gustav Jung l'idée lui vint alors, dans un souci d'efficacité, de proposer au début de chaque séance de « rêve », l'une de ces images, choisie par lui suivant le thème qu'il souhaitait explorer. D'autres observations le poussèrent à pro­poser  au cours du rêve, des ima­ges de montée ou de descente dont il avait compris qu'elles conduisaient le cheminement de l'imaginaire vers des développe­ments différents. C'est ainsi qu'il développa sa méthode de psychothérapie par le Rêve Eveillé. Très logiquement. il appela sa méthode, fortement marquée par la directivité, Rêve Eveillé Dirigé !

Il m'est toujours désagréable d'exprimer mon désaccord sur cette forme de pratique, compte tenu de la reconnaissance que je lui dois, ainsi qu'à son auteur et tant son ap­port fut détermi­nant de mon parcours de vie.

Aussi dois-je exposer la raison pour laquelle je fus conduit à renoncer à toute directivité, puis à décou­vrir de ce fait quelques-unes des lois qui régissent le fonctionne­ment de l'Imaginaire et qui font du Rêve Eveillé Libre (R.E.L.) l'une des voies thérapeutiques les plus efficaces.

Une vingtaine d'années s'étaient écoulées depuis ma cure de Rêve Eveillé Dirigé quand je me sentis prêt à me placer aussi dans la situation du thérapeute. Un engagement professionnel inten­se m'avait permis d'atteindre, dans le groupe industriel de mes débuts sans gloire, un niveau de responsabilités et d'indépendan­ce qui allait favoriser l'épanouis­sement d'une vocation à laquelle je m'étais, parallèlement longue­ment préparé.

Le 30 mars 1980, une journée de recrutement de cadres s'ache­vait. Le huitième et dernier candi­dat de la session avait vingt-huit ans. De formation prestigieuse, visiblement doté d'un important potentiel intellectuel. il était ce­pendant sur le point de perdre son emploi, de fortes inhibitions s'opposant au déploiement de ses capacités. Devant cet hom­me désemparé, en proie à des souffrances psychologiques que je percevais d'autant mieux qu' elles entraient en résonance avec mes tourments d'autrefois, je sen­tis se rompre les dernières réticen­ces à m'engager dans la relation d'aide. Adrien, - comme je l'ai nommé dans rêver pour renaître, serait mon premier patient...

relIl accepta d'emblée l'offre que je lui faisais, ignorant que nous allions ensemble faire œuvre de pion­niers ! Lui faire savoir qu'il serait le premier aurait pu affaiblir les chances de réussite en diminuant sa confiance. Il me faut ici revenir sur le second volet de ma vocation, auquel je n'avais jamais renoncé et qui me commandait de mener une re­cherche systématique concer­nant la valeur des symboles à par­tir des matériaux que j'allais accumuler à l'écoute de mes patientes et de mes patients. Je savais, pour avoir réalisé des expériences suffisantes, que toute suggestion d'image taite par le thérapeute en début ou en cours de réve, activait un processus d'associations pour une large part automatiques et qui de ce fait. ne sont plus expressives de la problématique du sujet. Cela ne pouvait convenir pour les besoins d'une recherche menée suivant les règles de l'analyse scientifique et me condamnait à pratiquer un rêve totalement protégé de toute intervention. C'est ainsi que j'en­trepris de suivre la cure d'Adrien, en me proposant bien entendu, d'être três attentif aux résultats thé­rapeutiques. Si ceux-là se révê­laient insuffisants dans ces con­ditions, il me faudrait revenir à la « directivité ", même s'il  me fallait pour cela renoncer à la recher­che. La surprise, heureuse, fut de constater. que la non-directivité » ne nuisait pas à la progression des résultats mais que ceux-là s'en trouvaient nettement améliorés !..

Au cours de ces débuts mal assu­rés quelque peu angoissé quand le fil du rêve ne suivait pas celui de mes projections, il m'arriva de céder à l'impulsion qui me com­mandait une intervention. Lorsque j'écoute aujourd'hui des casset­tes témoignant de ces faiblesses de débutant, je suis saisi de confu­sion. Force est d'admettre que toute suggestion du thérapeute en cours de rêve, au minimum dérange un processus qui ne demandait qu'à s'accompllr spon­tanément et au pire, rompt défini­tivement ce processus.

Le hasard (ce nom de guerre de la Providence !) ne m'avait pas incité sans raison à choisir Adrien pour premier patient. La puis­sance Intellectuelle de ce jeune homme s'était comportée jus­qu'alors comme sa plus grande ennemie. Elle absorbait une part considérable de son énergie à s'opposer à l'émergence de sa sensibilité, pourtant d'une rare qualité !  Celle-ci trouva dans le R.E.L.. la porte par laquelle elle pouvait se manifester. Elle le fit à sa mesure. magnifiquement! Adrien laissait librement cours à son imaginaire et me donnait. grâce â sa capacité conceptuel­le, les Informations qui permet­taient une traduction assurée des symboles. Les progrès furent rapi­des et impressionnants.

Dès lors, je consacrai une part importante de mon temps à l'ac­compagnement de nombreux patientes et patients. Les observa­tions furent d'une telle richess que j'éprouvai le besoin d'écrire un premier livre dans lequel je souhaitais les consigner. Ce fut "Rêver pour renaitre". Vingt-cinq ans et quelques douze mille scénarios plus tard je ne changerais pas une ligne de ce livre.

Depuis plus de deux cent théra­peutes ont suivi la formation dans le cadre de l'ADREL (Association pour la Diffusion du Rêve Evelllé Libre) et cent-vingt d'entre eux environ sont à temps plein pra­ticiens de cette méthode en France surtout mais aussi en Suisse, en Belgique et en Espagne. Les symboles ces agents secretsde la psychologie ont tant de choses à nous dire ! " Georges Romey

site officiel de l'ADREL Association pour le Devéloppement du Rêve Eveillé Libre

 Voir l'ouvrage et les livres associés à ce sujet

Mise à jour le Lundi, 19 Octobre 2009 17:35
 

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